POTEZ 60 SAUTERELLE F-AZSK au 1:50

Un peu d’histoire
Le Potez 60 fut conçu au début des années 30. Baptisé « la sauterelle », il se voulait l’avion de tourisme « à la portée de tous ».
Le prototype fit son premier vol le 8 aout 1934 à Meaulte (ville où étaient implantées les usines Potez).
Le Potez 60 est essentiellement construit en bois. Son aile dite « parasol » est entoilée en lin.
Le train d’atterrissage, assez large limitant ainsi les risques de « cheval de bois », est fixé à des ailettes en bois qui facilitent aussi l’accès au cockpit. Celui ci, découvert, est en tandem, le pilote étant placé à l’arrière.
L’appareil est 100% Potez: le moteur, un Potez Anzani 3B de 3 cylindres en étoile non refroidi d’une puissance de 60ch, mais aussi les amortisseurs en caoutchouc, voir même l’hélice sur les premiers exemplaires produits.
Le Potez 60 était un appareil économique, tant à l’achat (déduction faite de la prime d’état, un particulier pouvait l’acquérir pour 19800F soit environ 15000 euros de nos jours), que par son entretien et sa consommation limitée.
Le Potez 60 sera construit à 160/170 exemplaires dont 75 commandés par l’Aviation Populaire, politique hardie et novatrice pour former des futurs personnels pour l’armée de l’Air.
Quelques rares exemplaires sont encore en état de vol, dont le F-AZSK que j’ai choisi de réaliser en maquette.
Le F-AZSK

J’ai opté pour cet appareil à la belle livrée rouge et argent. Le rouge et le bleu étaient des teintes standards chez Potez.
Au vu des dernières informations que j’ai pu recueillir, cet appareil évoluerait aujourd’hui au sein de l' »Association Aéronautique Histoire de Meaulte » basée sur l’aérodrome du même nom, lieu de sa naissance.
Détail original, Le F-AZSK, conserve sur le coté droit de la dérive une dessin humoristique représentant Laurel et Hardy chevauchant un Potez 60. Laurel à les traits de M. Robinard, précédent propriétaire et restaurateur de l’avion, et Hardy ceux de son mécanicien!
De plus il vole toujours avec un moteur Potez d’origine qui fait de lui un Potez 60 « authentique ».
J’ai regroupé toutes les photos que j’ai pu trouver ICI
La documentation
Le Potez 60 à fait l’objet d’une présentation dans la rubrique « les ailes s’ouvrent » du journal « Les Ailes » du 27 décembre 1934 ICI
J. Gaudefroix nous gratifie, dans « L’Aéronautique » d’avril 1936 de magnifiques éclatés
La notice technique du groupe Potez (4eme trimestre 1934) nous offre une remarquable présentation du Potez 60 ICI et de son moteur Potez 3B ICI
Citons aussi la revue RCM qui en 1985 a fait la présentation d’une maquette volante radio commandée au 1/4,5 (2m20 d’envergure quand même), maquette qui s’est illustrée dans plusieurs championnats dédiés à cette catégorie de modèles VOIR.
Plan 3 vues
Le plan 3 vues ayant servi de base au dessin de celui de la maquette est paru dans la revue RCM. D’un bon format, Il est mentionné comme ayant été réalisé à l’aide de la liasse POTEZ d’origine, donc, à priori, fiable.

Plan paru dans le RCM n°48 d’avril 1985
Disposer d’un plan aussi soigné est chose rare. Il faut souvent se contenter d’un mini plan 3 vues, généralement approximatif, extrait d’une revue de l’époque. Les caractéristiques dimensionnelles qu’il est possible de récupérer sont particulièrement précieuses.
Ainsi pour notre Potez 60:
Voilure: Envergure 10m – Profondeur maxi 1.50m et mini 0.80m – Ailerons 2.80m X 0.30m
Fuselage: Longueur totale 6.97m – Hauteur totale 2.35m – Cabane largeur 2.40m – Voie train d’atterrissage 2.10m
Plan fixe: Envergure 2.80m
Toutes ces caractéristiques seront prises en compte pour le dessin de la maquette.
La maquette
Elle est dessinée dans le même esprit que le Potez 36. Un modèle de base que l’on peut améliorer à loisir en fonction des envies (et des capacités) de chacun.
Les photos de la maquette figurant en fin de présentation présentent un certain nombres d’améliorations, sachant qu’en la matière il n’y a pas de limites mis à par celles de celui qui les met en oeuvre (les miennes dans le cas présent). La maquette y gagne en réalisme mais leur réalisation demande, quand même, un minimum d’expérience.
La réalisation d’une version dite « bêta » permet de valider la conception et la possibilité « effective » de pouvoir assembler le modèle. Quelque soit le niveau de difficulté, elle est la preuve que la maquette est montable. Simple question d’honnêteté vis à vis des maquettistes qui se lanceront dans l’aventure.
Le montage
Un minimum d’expérience en maquettisme papier est nécessaire pour mener à bien le montage du Potez 60, la principale difficulté venant du fait que l’aile, dite « parasol », est reliée au fuselage par des mats. Un petit bâti de montage, simple à réaliser, mais indispensable, permettra d’exécuter cet assemblage en toute sérénité.
Les planches de la maquette
De part leur originalité, les modèles que je dessine ne sont pas toujours proposés par les fabricants de maquettes en plastique. Pour satisfaire malgré tout les amateurs de ce type d’avions, les planches sont organisées de façon à pouvoir être aussi imprimées au format A4 au 1/48, par simple réglage de l’imprimante (agrandissement 104%). De quoi satisfaire ainsi les adeptes d’échelles anglo-saxonnes…. non allergiques au papier.
Les planches du Potez 60 sont en téléchargement sur le site https://ecardmodels.com/ à l’adresse suivante:
https://ecardmodels.com/vendors/criquets-paper-models
Le nombre de magasins de modèles réduits ayant une fâcheuse tendance à se réduire à la portion congrue, il est de plus en plus difficile de se procurer certains ingrédients comme les fils d’acier ou de cuivre, composants essentiels des maquettes en papier.
A ceux qui se heurteraient à ce type de désagrément, je peux éventuellement leur fournir le modèle à monter sous forme d’un kit « ultra complet »: qualité professionnelle concernant l’impression des planches, cartonnages de renfort adaptés ainsi que tout le petit accastillage, et ce à prix coutant (ou presque). Pour ce, me contacter par mail.
Des fois que…..
Les indications portées sur les planches sont suffisantes pour assembler la maquette. Toutefois, une série de photos prises pendant le montage sont proposées ICI
Pour aller plus loin
Ci-contre, aperçu de la planche permettant d’améliorer le modèle. TELECHARGER(A4 pdf téléchargement gratuit)
Elle comporte les éléments suivants:
– Gouvernes de profondeur et de direction séparées et leurs palonniers de commande. En positionnant les gouvernes autrement que « dans l’axe », elles donneront plus de vie au modèle. Penser à présenter les manches des cockpits dans des positions cohérentes avec la position choisie pour la gouverne de profondeur.
– Un nouveau plastron (rep 3) adapté à une présentation améliorée du moteur comme suggéré sur la planche. Les échancrures du plastron permettent de loger les cylindres équipées des tiges de culbuteurs et tubulures d’admission. L’arrière du moteur doit plaquer contre le couple repère A.
– Choix cornélien: la réalisation des câbles de commande. Comme les fils (couture, pêche, crin etc) ont tendance à se détendre avec le temps, et que le papier n’est pas non plus un matériau particulièrement insensible à l’humidité, on peut les réaliser en corde à piano de 1/10mm. Inconvénient: la corde à piano est livré en bobines ce qui la rend particulièrement délicate à redresser. De plus même si ce diamètre est réaliste, il faut reconnaitre qu’on le devine plutôt qu’on le remarque réellement.
Pour des longueurs supérieures, on trouve de fil de cuivre, toujours en 2/10 de diamètre. Inconvénient: livré en bobines, il faut le redresser (et le coller bien rectiligne). C’est malgré tout la solution que je préfère.
Il m’arrive aussi d’utiliser des aiguilles d’entomologiste en acier qui ont l’avantage de rester bien rectilignes. Le n° d’aiguille 000 (les plus fines) correspond à un diamètre de 2/10mm. Seul inconvénient: la longueur limitée à 35mm.
Il existe aussi du fil élastique de très petit diamètre utilisé par certains maquettistes pour réaliser, entre autres, les haubanages sur des maquettes plastique de biplans. je n’ai jamais essayé cette solution.
Et s’il était besoin de le préciser
On peut pousser le niveau de détail plus loin en représentant les bouchons et les conduits de mises à l’air libre des réservoirs à l’extrados de l’aile, la jauge à carburant à l’intrados de l’aile droite, le tube Pitot, le cheminement original du câble de gauchissement le long d’un des mats de la cabane…..
Mais….pousser à son paroxysme le niveau de détail d’une maquette en papier ne présente pas grand intérêt (mis à part se faire plaisir). Du fait que les formes non développables ne peuvent être qu’approchées, le rendu visuel sera fonction de la distance d’observation du modèle.
L’ intégration du modèle dans un diorama, même minimaliste, ne pourra qu’ajouter de l’intérêt à la présentation.
La « Sauterelle »….pourquoi pas?



